« La Grande Guerre vue par le soldat Louis Morillon »

 

Louis Morillon a réalisé une importante série d’aquarelles et de dessins entre 1914 et 1918 relatant son quotidien de poilu. Son régiment est affecté à l’arrière en deuxième ligne, ce qui lui donne la possibilité de dessiner, de peindre et d’écrire.P1000853

Dans ses carnets de guerre, il peint ses compagnons de régiment, les  multiples lieux où ils ne font souvent que passer (paysages, villages détruits, campements de poilus…), il décrit les évènements, petits et grands, au jour le jour, il livre ses impressions jamais ses émotions. Il a le goût du lieu et des gens dont il cherche à capter les particularités, à extraire les singularités pour les restituer par une image synthétique.

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Biographie

Louis Morillon est né à Thieusies en Belgique le 24 novembre 1876. Son père, François Morillon, natif de Bouillé-Ménard dans le Maine-et-Loire est commerçant en boissons (vins, bières…) avec la Belgique notamment. Sa mère Marie-Thérèse Smeets est née le 16 octobre 1842 à Thieusies dans le Hainaut. Ses parents se marient à Thieusies où ils emménagent. Il est l’aîné d’une fratrie de neuf enfants, six garçons et trois filles. François et Marie-Thérèse Morillon s’installent à Château-Gontier en 1881 où ils ouvrent une épicerie à l’angle de la rue du Lieutenant Morillon (autrefois rue d’Azé) et de la rue des Déportés. Le jeune Louis Morillon suit une formation de peintre en bâtiment. Il part travailler à Nantes puis à Bordeaux, où il habite au 36 rue Bouffard, entre 1896 et 1897. Il s’inscrit à la Société Philomatique de Bordeaux pour y suivre les cours d’arts décoratifs. Fondée en 1808, la Société Philomatique œuvre à la promotion, la valorisation et la diffusion des sciences, lettres, arts et techniques. Il fait son service militaire à la Caserne de Reuilly à Paris de 1897 à 1898. Il appartient à la 6e Compagnie du 4e Régiment d’Infanterie. Libéré de ses obligations militaires en septembre 1898, il reprend son travail de peintre dans l’église de Quintin dans les Côtes d’Armor. Il poursuit une formation de peintre décorateur à l’Ecole Supérieure Tessier de Tours entre novembre 1899 et juin 1900. Louis Morillon épouse Eugénie Pinçon à Château-Gontier le 28 juin 1904. Il crée à la même époque son entreprise de peinture et décoration, située au 21 rue Thiers. Ils ont deux fils, Louis né le 2 novembre 1911 et Michel né le 28 septembre 1913. Louis Morillon est mobilisé le 4 août 1914. Il a alors 38 ans. Il appartient au 25e Régiment territorial d’infanterie de campagne, portion de l’armée mobilisée, formée avant 1914 par les réservistes des classes anciennes. Son épouse Eugénie décède de la tuberculose le 25 août 1914. Il ne l’apprendra que quinze jours plus tard par un télégramme de son père. Au cours de la guerre, il est gazé et perd un œil. Il est démobilisé le 9 janvier 1919. Louis Morillon se remarie avec Marie-Louise Boivin, native de Segré, le 25 juillet 1921. Un fils naît de cette union, Henri, le 14 septembre 1923, le futur Lieutenant Morillon, tué à Sadec en Indochine le 30 juillet 1947. Une rue de Château-Gontier porte aujourd’hui son nom. Très doué pour le dessin et la peinture, aquarelliste de talent, Louis Morillon est également musicien et joue de la flûte traversière. Il a peint de nombreux portraits et paysages, créé des décors pour le cercle de la Trinité.

Il a réalisé une importante série d’aquarelles et de dessins durant toute la Première Guerre Mondiale, réunis pour partie dans cinq carnets, auxquels s’ajoute un carnet de ses écrits. Il décède à Château-Gontier le 20 octobre 1929 à l’âge de 53 ans.

Le travail de Louis Morillon s’inscrit dans la création artistique de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle. Il se rattache à la tradition académique avec toutefois une certaine liberté du pinceau dans l’apposition des touches de couleur. Il fait preuve de beaucoup de maîtrise technique dans sa pratique de l’aquarelle, exploitant judicieusement toutes les ressources de ce procédé, dans le traitement de la lumière et la variété des couleurs. Les aquarelles et dessins de l’exposition nous livrent son témoignage, encore inédit, sur la Grande Guerre. Son régiment, en raison de l’âge des soldats qui le composent, est affecté à l’arrière en deuxième ligne. Ce qui lui donne la possibilité de dessiner, de peindre et de relater son quotidien de poilu.

Dans ses carnets de guerre, il peint ses compagnons de régiment, les multiples lieux où ils ne font souvent que passer (paysages, villages détruits, campements de poilus…), il décrit les évènements, petits et grands, au jour le jour, il livre ses impressions jamais ses émotions. Il a le goût du lieu et des gens dont il cherche à capter les particularités, à extraire les singularités pour les restituer par une image synthétique.

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