Témoignage de Mademoiselle Léon



Madeleine Léon est née, le 8 août 1920, à Château-Gontier dans une famille d’ouvriers. Elle a une enfance heureuse, auprès de ses parents, son frère et sa soeur. Elle fréquente l’Ecole Pierre Martinet et devient apprentie vendeuse au «Gagne Petit», magasin de nouveautés, dans la Grande rue. A 17 ans, elle part pour Angers et devient secouriste bénévole à la Croix Rouge. En juin 1944, sa mère lui demande de rentrer à Château-Gontier. Elle se propose alors comme bénévole lors du transfert des malades de l’hôpital vers le Château de la Gautrais à Chemazé.

Alors qu’elle a 23 ans, le 14 juin 1944, la vie de Madeleine Léon bascule sur la route entre Château-Gontier et Chemazé.

Le véhicule où elle se trouve avec l’aumônier est mitraillé à la hauteur du Château de Saint-Ouen par deux avions canadiens. Mademoiselle Léon et le conducteur du véhicule sont grièvement blessés. Elle réussit seule à rejoindre la ferme «Le Porto», où elle est, le jour même, amputée d’une jambe. Le conducteur, secouru par des habitants de Chemazé et conduit à la ferme, meurt quelques heures plus tard.

La guerre lui a pris sa jeunesse et aussi son frère, fait prisonnier par les Allemands, il est envoyé dans un camp et tué le jour de la Libération.

Les années n’auront pas suffi à effacer les événements de ce jour de juin 1944. Toute sa vie, elle conservera des séquelles de ses blessures. Toutefois, Madamoiselle Léon aura trouvé une écoute et un réconfort auprès de l’association des amputés de guerre.

Une de ses dernières joies, a été de recevoir la visite d’une délégation du Conseil Municipal des Enfants (CME), conduite par Marielle Planchenault-Michel. Les questions posées par les enfants l’ont profondément émue. Elle se sentait moins oubliée, disait-elle, grâce à cette rencontre avec les enfants. Ce moment a été également très touchant pour les enfants du CME.

Après plusieurs années à la Girandière à Saint-Fort, Madeleine Léon s’est éteinte le lundi 21 juillet 2014.

En février 2014, grâce à Monsieur Le Campion, Mademoiselle Léon avait accepté de nous raconter son histoire.